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 Transdisplinarité

Le regard transdisciplinaire : néologisme ou révolution de la pensée ?

mardi 25 décembre 2012, par Jean-Jacques Rooryck

« La transdisciplinarité ne constitue ni une nouvelle religion, ni une nouvelle philosophie, ni une nouvelle métaphysique, ni une science des sciences » : article 7 de la Charte de la transdisciplinarité adoptée lors du premier Congrès mondial de la transdisciplinarité en novembre 1994.

« Ce dont je parle ici, c’est quelque chose que j’interroge par la raison, et qui en même temps se refuse à toute rationalisation » B. Nicolescu [1]

Le développement de la connaissance procède d’un principe et d’une méthode.

Le principe est la division binaire apparente du vivant : sujet/objet.

La méthode (élaborée à partir du constat d’évidence que le cerveau humain ne peut appréhender la totalité du monde) est le fractionnement de l’objet en disciplines. [2]

La transdisciplinarité, dont l’apparition n’est pas sans relation avec les découvertes de la physique quantique, bouleverse les données de la connaissance, en modifiant celle-ci au principe.

La connaissance transdisciplinaire n’est plus fondée sur le binaire sujet/objet, mais sur une structure ternaire incluant le lien entre sujet et objet, inaccessible à toute rationalisation, irréductible à tout discours, et que B. Nicolescu nomme le “sacré”.

Il s’agit de la prise en compte par la pensée d’un troisième terme, ni sujet, ni objet, mais Tiers inclus reliant les deux réalités, par principe radicalement opposées que sont le sujet et l’objet (il ne peut y avoir existence que dans la séparation radicale entre le sujet et le monde-objet).

N’étant ni le sujet (être) ni l’objet (monde), mais participant des deux à la fois, le “sacré” n’est pas accessible à l’investigation rationnelle, à l’intelligence humaine, limitée par l’espace-temps.

Ici intervient la question du sens, du “pourquoi” de l’Existence, question négligée, voire volontairement occultée dans la démarche scientifique au développement de laquelle elle est soupçonnée de nuire.

Le sens, en tant qu’intuition irrationnelle, participe, dans la culture transdisciplinaire, à l’évolution de la connaissance. Non vérifiable, non formulable, il est en quelque sorte le "tiers inclus", reliant sans les fusionner le sujet à l’objet. À la fois transcendant au binaire sujet/objet et existant au niveau de réalité immédiatement supérieur à ceux-ci, il est le "moteur" de toute connaissance.

Autrement dit, selon la formule de B. Nicolescu : « L’attitude transdisciplinaire réintroduit l’inconnaissable comme dimension de l’existence entière ».

On aura compris que de cette lecture nouvelle du rapport sujet/objet, devenus conciliables sans risque de fusion ni d’appropriation, découlent les vertus de tolérance, de non-violence, de respect d’autrui, qui sont l’apanage de la (vraie) justice.

Notes

[1] Président du Centre international de recherches et d’études transdisciplinaires (CIRET). Auteur de : La transdisciplinarité, Manifeste - Éditions du Rocher, 1996

[2] Dès l’Antiquité une classification a été opérée entre les 7 Arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique (trivium, arts du premier degré se rapportant aux lettres), géométrie, arithmétique, astronomie, musique (quatrivium, art du second degré se rapportant aux harmonies).



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